La naissance d’une légende

Retournons dans le passé, au beau milieu des années 1950. À cette période, une crise en rapport avec le pétrole est présente et la British Motor Compagny décide de se lancer dans un projet, celui de réaliser une voiture économique. Pour ce faire, il est demandé à Alec Issigonis, ingénieur et designer automobile, de concevoir le véhicule.

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Alec Issigonis et sa création.

Il est dit qu’Alec Issigonis à dessiner le premier concept de la Mini sur une serviette de table.

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Une des premières esquisse originale de la future petite anglaise.

Ce projet nommé « ADO15 » commencera en 1956, et après 8 mois, un premier prototype verra le jour, le XC9003. Ce dernier sera celui qui se rapprochera le plus de la version finale sortie en 1959.

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Prototype XC9003

Pour ce qui concerne la motorisation, le moteur sera un 948cm3 déjà utilisé pour limiter les couts de conceptions et qui sera positionné à l’avant, contrairement à ses concurrentes directes, la Coccinelle et la Fiat 500, qui elles sont équipées du moteur à l’arrière.

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Esquisse représentant l’implantation mécanique.

L’idée se voudra novatrice car la boîte de vitesse sera monté sous le moteur en transversale. Ensuite, l’espace à vivre doit être assez grand et grâce aux roues qui sont de 10 pouces, elle gagne en habitabilité et cette dernière se voit avec 80% d’espace niveau habitacle et le reste est allouer au moteur.

Été 1959, la conception, le design de la Mini est terminée et il faut maintenant un modèle pour une future présentation. Albert Green va donc assembler manuellement en sept heures de travail, la première Mini, elle possède le numéro de châssis 101 et portera la célèbre immatriculation 621 AOK. Le 18 Aout 1959, jour de première présentation à la presse et la petite Mini recevra un bon accueil. C’est donc un mythe de l’automobile qui est née.

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Première présentation commerciale de la Mini en 1959. Un peu trop optimiste ?

Les années 1960 c’est aussi la Mini Moke, d’abord une voiture faite pour répondre au besoin de l’armée anglaise puis un véhicule dit « de plage ».

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Mini Moke

Durant ces années, la Mini va accroitre en popularité grâce au Rallye de Monte-Carlo et l’initiateur de ce projet fou pour l’époque n’est autre que John Cooper. Ce dernier voyait le potentiel de la voiture et a donc convaincu Alec et le directeur de la BMC pour mettre au point une Mini avec un moteur plus puissant, des freins à disques à l’avant, la Cooper est née. Forte d’un moteur de 997cm3 puis remplacé par un 998cm3, elle atteint les 150km/h. En 1963, une version ultime verra le jour, la Cooper S avec un moteur de 1071cm3 fort de 70cv et des freins plus puissants. Deux motorisations verront le jour un peu plus tard, un 970cm3 et un 1275cm3 de 75cv ainsi que la nouvelle suspension hydrolastic.

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Principe de la suspension « hydrolastic ».

Ensuite s’enchaineront les victoires légendaires au Monte-Carlo en 1964, 1965 et en 1966 avec aux trois premières places, que des Mini mais une disqualification pour éclairage non conforme ne validera pas la victoire. L’année 1967 marquera la dernière victoire des Cooper S qui fut une revanche avant d’être détrônée par la Porsche 911.

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Austin Mini Cooper S victorieuse du Rallye Monte-Carlo 1967.

En parallèle, un succès commercial est de taille, les stars s’emparent de la nouvelle petite bombe, de Paul McCartney à la princesse Margaret, Ringo Starr, Mick Jagger, Peters Sellers, Steve McQueen ou Enzo Ferrari. On retrouve aussi un succès par le cinéma grâce à The Italian Job.

À l’aube des années 1970, la Mini subira un restylage, la MkII mais qui sera éphémère de 2 ans avant que la MkIII ne soit présentée en 1969. Cette version apporte un ensemble de nouveautés, comme le retour de la suspension hydrolastic, les vitres descendantes ainsi que les charnières des portes a l’intérieur, et une lunette arrière avec dégivrage. Suivront d’autres nouveautés dans les années à venir comme la boîte automatique, les ceintures, de nouveaux chauffages, nouveaux carburateurs.

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Mini Cooper S MkIII

Cette année-la, le Clubman apparaît. Version rallongée de la Mini, il offre un plus grand espace et permet d’étendre la gamme à une clientèle dans le besoin.

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Ecorché en perspective du futur break Clubman.

En 1976, la MkIV arrive et signe le début des éditions spéciales. Ce modèle apportera diverses nouveautés en fin de carrière tel que le moteur Economy, jantes 12 pouces puis des freins à disques à l’avant. La qualité intérieure est également revue.

L’âge de la Mini commence à se faire sentir, mais le succès est toujours là, la MkV sort en 1984 et continue une lignée de séries spéciales qui vont être marquantes par leurs côtés décalés. Une version plus typé sport, luxueuse, ou encore très prestige. C’est aussi dans cette série que l’on retrouvera des modèles 25 et 30ème anniversaire. Début des années 1990, un retour très attendu de la Mini Cooper, celle avec son 1300cm3, ses chromes, ses jantes alliages, ses insignes, puis des filets décoratifs, un toit blanc, compte-tours et un volant cuir. En 1991, une édition très spéciale sortira, une version cabriolet. Elle est diffusé très peu d’exemplaires.

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Mini Cabriolet

 

Suivra la MkVI, dernière Mini avant la prise en main complète de la marque par BMW, les changements sont importants comme la disparition des carburateurs pour un système injection et un catalyseur pour répondre aux normes antipollution. C’est aussi la disparition de nombreuses séries spéciales, mais un équipement complet pour une voiture de cette époque, comme un autoradio et un intérieur cuir.

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Rover Mini Cooper Sport de 1998.

L’ancienne Mini finit sa carrière et la dernière sort des chaines de productions le 4 Octobre 2000 avec un total de 5 387 862 exemplaires. Une retraite bien méritée !

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